Vous êtes ici : Accueil > :: Première :: > Cours > Equilibre ou déséquilibres ?
Par : mj
Publié : 5 octobre 2014

Equilibre ou déséquilibres ?

I – L’économie est un circuit

A. Un circuit économique simple

Vous trouverez ici une petite vidéo pour comprendre la notion de circuit économique.

Un circuit représente de manière simplifiée les échanges économiques. Ces échanges se font entre des acteurs (agents) qui se rencontrent notamment sur les différents marchés. Ils sont matérialisés par des flux. Le circuit permet de rendre compte de manière relativement simple d’échanges de plus en plus nombreux entre des individus de plus en plus interdépendants.

Dans toute société, de la plus simple à la plus développée, on peut identifier trois temps du fonctionnement de l’économie :

- la production de richesses
- la répartition des richesses et la distribution de revenus
- la consommation des richesses, grâce aux revenus distribués

La richesse produite est mesurée par le PIB. On comprend donc qu’il existe "trois visages" du PIB :

  • Le PIB correspond à la somme des valeurs ajoutées, à laquelle on ajoute les droits de douane et la TVA : c’est l’approche par la production.
  • Le PIB correspond également à l’ensemble des revenus distribués : Revenus du travail + revenus mixtes et EBE + impôts sur la production. C’est l’approche par les revenus.
  • Enfin, le PIB correspond à l’ensemble des richesses utilisées dans un pays : Consommation + investissement + Exportations - Importations.

1) Les différents acteurs de l’économie

En comptabilité nationale, on distingue 5 grands acteurs de l’économie. Chacun est défini par sa fonction principale et bénéficie de ressources particulières.

  • Les ménages
    Un ménage se définit comme l’ensemble des personnes qui vivent sous le même toit. Sa fonction économique principale est de consommer de biens et des services de consommation.

Les ressources des ménages correspondent aux revenus primaires : revenu d’activité (salaires), revenu de la propriété ou du patrimoine (loyers, dividendes, intérêts) et revenu mixte (pour les travailleurs indépendants). Ils perçoivent également des revenus de transfert, versés par les administrations publiques, et paient des impôts, taxes et cotisations sociales.

  • Les entreprises (sociétés non-financières)
    Une entreprise est une entité juridique qui a pour but de produire des biens et services marchands, c’est-à-dire destinés à être vendus sur un marché à un prix au moins égal au coût de production. La fonction des entreprises sur le plan économique est d’assurer la production de biens et services de consommation et de production marchands grâce à la combinaison des facteurs de production.

Les ressources des entreprises sont constituées du produit de leurs ventes : leur chiffre d’affaire.

  • Les administrations publiques
    Les APU sont constituées des différents services de l’État, des collectivités locales et des organismes de protection sociale. Leur fonction est de fournir des services non-marchands à l’ensemble des acteurs économiques et/ou d’effectuer des opérations de redistribution (prestations sociales et subventions).

Les ressources des APU sont constituées des prélèvements obligatoires : impôts et taxes financent principalement l’État et les collectivités locales, cotisations sociales financent les organismes de protection sociale.

  • Les ISBLSM
    Les institutions sans but lucratif au service des ménages désignent des associations, des partis politiques, des églises, des syndicats... Leur fonction est de produire des biens et services non-marchands.

Leurs ressources proviennent de dons et de cotisations, ainsi que de subventions de la part des APU.

  • Le reste du monde
    Il s’agit de l’ensemble des unités non-résidentes avec les agents économiques présents sur le territoire réalisent des opérations.
  • On peut également distinguer un dernier acteur du circuit économique : les institutions financières, c’est-à-dire les banques et les sociétés d’assurance, dont la fonction essentielle est de financer l’économie, en prêtant les ressources collectées auprès des agents économiques qui épargnent aux agents économiques qui sont en besoin de financement.

2) Les relations entre les agents économiques en économie ouverte

Les agents économiques se rencontrent sur des marchés, sauf dans le cas de la production non-marchande (par définition, il n’existe pas de marché des biens et services non-marchands !).

Le marché se définit comme le lieu fictif de rencontre d’une offre (vendeur) et d’une demande (acheteur).

Les entreprises et les ménages se rencontrent sur deux marchés : le marché du travail et le marché des biens et services. Par ailleurs, les entreprises se rencontrent entre elles sur le marché des biens et services de production.

Les entreprises produisent des biens et services que les ménages consomment. Pour produire, les entreprises combinent des facteurs de production qu’elles se procurent sur le marché du travail auprès des ménages et sur le marché des biens et services de production.

Les administrations publiques prélèvent des impôts et des cotisations sociales et versent aux ménages des revenus de transferts (ou revenus sociaux). Elles assurent également une production non-marchande qui bénéficie aux ménages comme aux entreprises. Enfin, les administrations publiques peuvent subventionner les entreprises privées, et se procurer des biens et services de production auprès de ces dernières.

Les sociétés financières prêtent aux entreprises et aux entreprises et les entreprises et les ménages remboursent les emprunts avec les intérêts. Elles collectent l’épargne des ménages, et versent une rémunération aux épargnants.

De plus en plus, les IF sont concurrencées par le développement des marchés financiers dans leur activité de financement de l’activité économique, mais également en ce qui concerne la collecte de l’épargne des ménages et des entreprises. Alors que les IF sont des intermédiaires entre les agents qui ont une capacité de financement (revenus > dépenses, il s’agit surtout des ménages) et les agents qui ont un besoin de financement (revenus < dépenses, essentiellement les entreprises), les marchés financiers permettent la rencontre « directe » de ces agents.

Enfin, dans une économie ouverte comme la notre, il est essentiel de prendre en compte les échanges extérieurs, avec le reste du monde. Des biens et services sont envoyés à l’étranger : il s’agit des exportations. D’autres biens et services sont achetés par des agents économiques résidents (entreprises, ménages) à des entreprises situées hors de nos frontières : il s’agit des importations.

B. L’équilibre emplois-ressources en économie ouverte

L’État a une fonction de stabilisation, de régulation de l’activité économique : il doit donc veiller à ce que les grands équilibres macroéconomiques soient respectés. Pour cela, l’État a besoin de connaître par un ensemble d’instruments de mesure l’état de l’économie. C’est ce à quoi sert à la comptabilité nationale. La comptabilité nationale est née après-guerre des besoins de la politique économique qui nécessitait une analyse approfondie des économies nationales. Après les bouleversements économiques et politiques de la période 1930-45, l’ampleur de la crise et l’insuffisance des statistiques disponibles pour éclairer l’intervention publique, les pouvoirs publics ont souhaité mettre en place des instruments de mesure synthétiques de l’économie nationale (PIB, RN). La comptabilité nationale est née. La compta nat présente les relations macro entre les différents agents économiques d’une économie, afin de quantifier et de synthétiser ces relations dans un document comptable. La compta nat décrit la production et la circulation des richesses dans les économies nationales pour pouvoir mieux agir sur l’économie et les grands équilibres macro-économiques.

1) Une égalité comptable...

Au niveau d’une économie, les biens et services à disposition des agents économiques pour produire ou consommer correspondent aux biens et services produits dans le pays (la production, P) et aux biens et services produits à l’étranger et achetés par les agents économiques résidents (les importations, M).

Ces biens et services trouvent différentes utilisations :

  • une partie est vendue à l’étranger : ce sont les exportations (X)
  • une partie est consommée par les ménages et les administrations : c’est la consommation finale (C)
  • une partie est utilisée par les entreprises ou les administrations publiques pour produire d’autres biens et services : ce sont les consommations intermédiaires (CI)
  • une partie est investie dans le processus productif : c’est l’investissement (I), qui correspond à l’acquisition de biens de production durables destinés à être utilisés pendant plus d’un an dans le processus de production.
  • enfin, une partie des ces biens et services est stockée, tandis qu’une partie des stocks déjà constitués est utilisée : la différence correspond aux variations de stocks (VS)

La quantité de biens et services disponibles dans une économie est toujours égale à l’utilisation qui en est faite. Les ressources en biens et services sont égales aux emplois de ces biens et services (attention au sens du mot emploi, différent du sens le plus courant !)

Ressources = Emplois
P + M = X + C + CI + I + VS

Cette égalité est aussi appelée équilibre emplois-ressources.

On peut l’écrire d’une façon légèrement différente, si l’on se concentre non pas sur la production (c’est-à-dire la somme des chiffres d’affaires) mais sur le PIB (c’est-à-dire la somme des valeurs ajoutées). Comme on sait que VA = CA - CI, on peut dire que PIB = P - CI.

En reprenant la première formulation de l’équilibre emplois-ressources, on obtient donc :

PIB + M = X + C + I + VS

Enfin, on peut mettre "à part" les échanges avec le reste du monde :

PIB = C + I + VS + (X - M)

Il faut noter pour terminer que cette égalité est toujours vérifiée : c’est une égalité comptable, dont l’équilibre est assuré grâce aux variations de stocks. Lorsque la quantité de biens et services produits et importés est supérieures à la somme des consommations finales et intermédiaires, de l’investissement et des exportations, cela signifie qu’une partie de ces biens et services a été stockée : la variation des stocks est positive. Inversement, lorsque P + M est inférieur aux emplois, c’est que des biens et services stockés ont été en quelque sorte remis sur le marché : la variation de stock est négative.

2) … qui permet de connaître les ressorts de la croissance économique et de piloter l’économie

L’équilibre emplois-ressources permet, entre autres choses, de décomposer les "facteurs de croissance". En clair, il permet de mesurer le poids des différentes composantes du PIB dans la croissance économique, dans l’augmentation des richesses disponibles. L’équation PIB = C + I + (X-M) distingue en effet deux dimensions principales de la richesse : la demande intérieure (consommation et investissement des agents économiques résidents) et les échanges avec l’extérieur. Il devient donc possible de savoir si la croissance économique repose principalement sur la demande intérieure, et plus précisément sur la consommation finale ou sur l’investissement, ou bien si cette croissance est "tirée" par les exportations, c’est-à-dire par le reste du monde.

Par exemple, la croissance chinoise dépend très largement de ses exportations. Sa demande intérieure, et en particulier la consommation ne joue pas un rôle moteur dans la croissance. La situation est inverse en France : le moteur de la croissance économique réside plutôt dans la consommation finale, des ménages et des administrations publiques.

Connaître ces différents éléments permet d’ajuster les politiques économiques que mènent les différents États. Si la Chine veut stimuler sa consommation intérieure, il faudrait qu’elle mène une politique sociale de grande ampleur, notamment en mettant en place un système de protection sociale, de façon à ce que l’épargne de précaution diminue. Mais elle peut aussi décider de jouer la carte de la compétitivité, en maintenant le niveau de salaires bas, afin de pouvoir continuer à exporter massivement. La France est quant à elle confrontée à d’autres choix : continuer à soutenir la demande intérieure, notamment grâce à des dépenses sociales élevées (qui maintiennent les revenus en cas de ralentissement économique et de montée du chômage). Mais elle peut chercher à stimuler ses exportations, en limitant les augmentations de salaire (quitte à freiner la consommation).

II – De l’équilibre comptable aux déséquilibres réels

L’exemple de la France montre qu’une économie peut comporter des déséquilibres réels (en l’occurrence, un déficit extérieur et un déséquilibre du marché du travail) alors même que le total macroéconomique des emplois y est égal (au centime d’euro près) à celui des ressources. On comprend mieux dès lors la phrase : l’équilibre emplois/ressources est « une égalité comptable qui ne signifie pas nécessairement que l’économie est équilibrée ». Cette année-là, le PIB en volume a baissé de 2,6 % donc on voit bien qu’un équilibre comptable peut coexister avec des déséquilibres réels.

A. Les déséquilibres extérieurs

Un déséquilibre commercial désigne le fait que dans un pays, le montant des exportations et des importations ne soit pas le même : soit les exportations sont plus élevées que les importations, et on parle d’excédent commercial, soit au contraire, les exportations sont plus faibles que les importations, et on parle alors de déficit commercial. On voit dans le document que les États-Unis ont un déficit commercial assez important, tandis que la Chine, l’Allemagne et l’Arabie Saoudite connaissent des excédents commerciaux. La Chine est devenue en quelques années l’usine du monde et exporte massivement des produits manufacturés vers le reste du monde. L’Arabie Saoudite est un pays producteur de pétrole et de gaz, et exporte ses ressources naturelles. Enfin, l’Allemagne est considéré comme le pays européen le plus compétitif.

1) Les outils de mesure des échanges extérieurs

La balance des paiement est le document comptable qui retrace les flux réels, monétaires et financiers avec le reste du monde. Elle se compose de trois comptes (compte courant, compte de capital et compte financier) + une ligne « erreurs et omissions ». Comme tout document comptable, la balance des paiements est toujours équilibrée, mais les soldes intermédiaires (solde courant, solde du compte financier et du compte de capital) peuvent présenter des excédents ou des déficits. L’analyse de la balance des paiements permet de comprendre la situation d’un pays par rapport aux autres pays, et d’identifier des sources de déséquilibre vis-à-vis de l’extérieur (par exemple : un déficit commercial, ou le recours à l’épargne étrangère pour financer l’activité économique...).

La balance commerciale est un des comptes de la balance des paiements : elle retrace les échanges de marchandises entre un pays et le reste du monde. Pour mesurer l’ampleur des déséquilibres des échanges commerciaux, on peut utiliser plusieurs indicateurs.

  • Le solde commercial X – M : s’il est positif, le pays exporte plus qu’il n’importe, il est en excédent. Inversement, si le solde commercial est négatif, on parle de déficit commercial, le pays importe davantage qu’il n’exporte.
  • Le taux de couverture X / M permet de comparer la valeur des importations et des exportations. Si ce taux est supérieur à 100 %, cela signifie que les exportations sont supérieures aux importations, et que le pays est en excédent. Si au contraire il est inférieur à 100 %, c’est que le pays est en déficit.
  • Il ne faut pas confondre le taux de couverture avec le taux d’ouverture (ou degré d’ouverture), qui mesure le poids des échanges extérieurs dans l’activité économique. Pour le calculer, on fait la moyenne de la valeur des importations et des exportations, et on rapporte le tout au PIB (X+M/2PIB). Un taux d’ouverture élevé signifie que le pays échange beaucoup avec le reste du monde.

On mesure les déséquilibres à l’aide de la BP, document qui retrace tous les échanges entre un pays et le RDM. Un déséquilibre extérieur est une situation dans laquelle la balance des transactions courantes d’un pays connait un écart important et prolongé entre les flux entrants et les flux sortants.

2) Existe-t-il un « bon » déficit commercial ?

Il faut être prudent dans l’interprétation des soldes commerciaux (et plus globalement des soldes des échanges extérieurs). Un déficit n’est pas nécessairement négatif sur le plan économique, et un excédent n’est pas forcément une bonne chose.

La présence d’un déficit peut être lié à deux choses : soit un manque de compétitivité des produits et donc de faibles exportations, soit une très forte croissance qui nourrit une consommation et des investissements importants qui se traduisent par d’importantes importations (cas de l’Estonie).

Inversement, un excédent peut signifier soit une forte compétitivité des produits, donc des exportations élevées, soit une croissance très faible, qui fait que les ménages consomment peu et les entreprises n’investissent pas, ce qui traduit par un arrêt des importations.

Si on prend le cas chinois, on observe une accumulation d’importants excédents commerciaux. Mais ces excédents ne sont pas nécessairement une bonne chose. D’une part, ils sont liés à une spécialisation dans des produits manufacturés bas de gamme (donc faible valeur ajoutée, donc faibles revenus distribués) sensibles aux fluctuations de l’économie mondiale. Et d’autre part, ils s’expliquent aussi par faiblesse de la demande intérieur chinoise, qui ne peut pas prendre le relais en cas de ralentissement de la demande mondiale. Le modèle de croissance chinois semble donc un peu fragile.

B. La question du chômage

1) Qu’est-ce que le chômage ?

Il existe en France deux mesures officielles du nombre de chômeurs : celle publiée par Pole-emploi tous les mois (les Demandeurs d’Emploi en Fin de Mois - DEFM) et celle publiée par l’Insee, qui applique la définition internationale du BIT (les Personnes Sans Emploi à la Recherche d’un Emploi - PSERE).

Chacune de ces deux définitions reposent sur des critères spécifiques et aboutissent à un nombre de chômeurs différents.

Chômage au sens de l’INSEE Chômage au sens de Pole-emploi - catégorie A
Être inscrit à Pole-emploi
Être sans emploi (ne pas avoir travaillé, même une heure, pendant une semaine de référence) Ne pas avoir d’emploi
Être disponible pour travailler (sous 15 jours, ou 30 jours si arrêt pour maladie sans gravité) Être disponible immédiatement
Rechercher effectivement un emploi (l’INSEE exige que les personnes se déclarant chômeurs précisent la nature de l’emploi recherché et les démarches effectives réalisées dans le mois précédent) Rechercher un emploi à temps plein
On y ajoute les personnes ayant trouvé un emploi qui commence ultérieurement qui sont comptabilisées comme chômeurs par le BIT La réunion de ces 4 conditions définit les DEFM de Catégorie A qui correspond à la définition officielle du chômage de Pole-emploi.

Dans les statistiques de Pole-emploi existent 4 autres catégories de chômeurs : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite de 78 heures ou moins au cours du mois (catégorie B), demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite de plus de 78 heures au cours du mois(catégorie C), demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie…), sans emploi (catégorie D) et demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés) (catégorie E).

En définitive, la mesure du chômage résulte largement d’une convention. Il n’existe dons pas de définition idéale ou définitive du chômage. Il importe donc de s’entendre le plus largement possible autour de ces conventions afin de disposer du même instrument sur une longue période.

Par ailleurs, l’allongement de la durée passée au chômage, consécutive à la massification du phénomène, a conduit à la multiplication de situations qui ne relèvent pas officiellement du chômage (ni au sens BIT ni au sens des DEFM) mais qui pourtant peuvent être rattachées au chômage. C’est ce qu’on appelle le "halo du chômage". Il s’agit d’abord de situations intermédiaires entre emploi et chômage : temps partiel subi, emplois précaires qui font alterner des périodes de travail et des périodes de chômage... C’est ce qu’on appelle le sous-emploi. Il y a ensuite des situations qui se situent entre le chômage et l’inactivité : les chômeurs en formation, les jeunes qui prolongent leurs études faute d’avoir trouvé un emploi, tous les chômeurs découragés qui ne recherchent plus activement d’emploi. Voir ici la page de l’INSEE sur cette question.

En fin de compte, il est très difficile de connaître exactement le nombre de chômeurs dans un pays.

2) Comment expliquer le chômage ?

Les causes du chômage sont très discutées parmi les économistes. En particulier, il existe une opposition entre les économistes libéraux, pour qui le chômage résulte d’un mauvais fonctionnement du marché du travail et les économistes keynésiens, qui considèrent que le chômage résulte d’une demande insuffisante. Nous allons très schématiquement étudier ces deux analyses du chômage.

Pour les économistes classiques, le travail est une marchandise comme une autre qui s’échange sur un marché - le marché du travail. Sur ce marché, on trouve des offreurs (les travailleurs) et des demandeurs (les entreprises). L’offre de travail est une fonction croissante du prix - le prix du travail est le salaire : plus le niveau de salaire proposé est élevé, plus on trouve de personnes prêtent à offrir leur force de travail. Inversement, la demande de travail est une fonction décroissante du prix : plus une heure de travail coûte cher, moins il sera rentable d’embaucher un salarié. Les mécanismes de marché permettent de déterminer un salaire d’équilibre, celui qui égalise l’offre et la demande de travail.

Pour les économistes libéraux, si le salaire en vigueur dans un pays (par exemple du fait de l’existence d’un salaire minimum élevé) est supérieur au salaire d’équilibre, alors il ne peut pas y avoir d’ajustement entre l’offre et la demande, et il y plus de personnes prêtes à vendre leur force de travail que d’entreprises prêtes à les faire travailler : il y a donc du chômage. L’existence de chômage est donc une situation transitoire : il suffit de laisser le salaire diminuer pour faire diminuer l’offre de travail et augmenter la demande, et donc faire disparaître le chômage.

Les économistes keynésiens développent une autre analyse. Pour Keynes en effet, il n’existe pas de marché du travail sur lequel se déterminerait le niveau de l’emploi. Pour lui en effet, les entreprises décident du niveau de l’emploi en fonction de ce qu’il appelle la demande anticipée, ou demande effective. La demande anticipée correspond à la demande que les entreprises pensent devoir se réaliser dans le futur : il s’agit d’une prévision. Si la demande anticipée est forte, alors les entreprises doivent produire beaucoup, elles vont investir et embaucher du personnel pour pouvoir augmenter la quantité de biens ou de services qu’elles produisent. Des emplois sont créés, et le chômage a tendance à diminuer. Inversement, si la demande anticipée est faible, les entreprises, qui pensent qu’elles ne vendront pas beaucoup, fixent un volume de production relativement faible, et donc n’embauchent pas. Elles peuvent même être amenées à licencier une partie de leur personnel. Des emplois sont détruits, et le chômage a alors tendance à augmenter. Pour Keynes, le chômage peut être une situation durable, si la demande de biens et services est à un niveau bas : il parle d’équilibre de sous-emploi. Rien ne garantit que le niveau de la demande de biens et services soit suffisant pour permettre les créations d’emplois équivalentes au nombre d’actifs potentiels.

Le chômage provient d’un déséquilibre sur le marché des biens et services et non d’un déséquilibre sur le marché du travail. Keynes conteste l’idée que des salaires élevés soient à l’origine du chômage ; il démontre ainsi que la baisse des salaires, solution envisagée par les libéraux pour réduire le chômage va être à l’origine d’une insuffisance de la demande, responsable d’une diminution de la production des entreprises et de l’emploi, créant ainsi davantage de chômage. Avec Keynes, on assiste à une véritable révolution de la pensée économique. Pour lutter contre le chômage, il faut relancer la demande. La pensée keynésienne a dominé jusqu’à la révolution néolibérale des années 1980 et le retour à la pensée classique.

L’équilibre emplois-ressources peut coexister avec un niveau très élevé de chômage. Ainsi, le niveau de production sur le marché des biens et services, s’il correspond à la demande sur le marché, ne conduit pas forcément à l’équilibre sur le marché du travail, c’est-à-dire au plein emploi. Pour Keynes, rien ne garantit que la demande nécessite systématiquement d’utiliser l’ensemble des ressources en travail disponibles.

C. L’inflation

On peut définir l’inflation comme la hausse durable du niveau général des prix à l’intérieur d’un espace donné (généralement le pays). Ce phénomène a un caractère prolongé et généralisé : une hausse ponctuelle et localisée des prix ne peut pas être considérée comme de l’inflation sauf si elle se propage à toute l’économie et se reproduit sur la période suivante.

L’inflation peut-être aussi définie par ses conséquences sur le consommateur : elle constitue une perte de pouvoir d’achat de la valeur de la monnaie.

Comment mesure-t-on l’inflation ? Par l’indice des prix à la consommation (IPC) calculé par l’INSEE (plus de 200 000 prix sont relevés mensuellement).

On distingue plusieurs causes à l’inflation.

  • L’inflation par les coûts suite à un choc d’offre : pour un même prix, la quantité offerte diminue en raison :
    - d’une augmentation trop forte des salaires,
    - d’une augmentation trop forte de la fiscalité (qui augmente les coûts salariaux)
    - d’une inflation importée : ex : choc pétrolier de 1973 où le prix du baril est multiplié par 5 entre septembre 1973 et décembre 1974 : face à cette envolée du cours d’une consommation intermédiaire, les producteurs réagissent en augmentant le prix de leur production
  • L’inflation par la demande, l’offre étant à court terme, inélastique.
  • L’inflation comme résultat d’une création monétaire excessive.