Vous êtes ici : Accueil > :: Terminale :: > Cours - Enseignement spécifique > Infrastructures et développement : l’exemple de l’eau
Par : mj
Publié : 17 avril 2014

Infrastructures et développement : l’exemple de l’eau

Le manque d’infrastructures en matière d’eau potable et d’assainissement est un des (nombreux) mécanismes qui peuvent bloquer le processus de développement.

Comme le met clairement en évidence la vidéo, on constate d’abord que l’absence d’accès à l’eau potable se traduit par une perte de temps considérable, pour les femmes surtout, qui doivent chercher quotidiennement l’eau dont elle et leur famille auront besoin. Le temps passé à s’approvisionner en eau est autant de temps perdu pour d’autres types de production, et nuit également à la scolarisation des enfants, dans la mesure où ceux-ci doivent aider leurs parents dans les tâches domestiques quotidiennes.

De plus, les populations les plus démunies sont très dépendantes des personnes qui contrôlent l’accès à l’eau (contrôle des robinets : on voit à plusieurs reprises les cadenas qui sont posés sur les canalisations). De ce fait, elles sont souvent contraintes de payer le prix fort pour cette eau, et c’est autant de ressources monétaires en moins pour l’alimentation ou pour l’amélioration de l’habitat, ou encore pour l’épargne.

L’absence d’assainissement dans les bidonvilles des grandes métropoles du Tiers-monde engendre un coût humain considérable. En effet, les déchets s’amoncèlent. Avec le ruissellement consécutif aux pluies, ce sont les zones habitées qui sont polluées par les produits toxiques et/ou malsains qui émanent des montagnes de déchets. Les maladies, notamment les maladies diarrhéiques, sont très fréquentes, ce qui entraîne un taux de mortalité très élevé, notamment chez les enfants.

Les coûts humains et économiques de la difficulté d’accès à l’eau et à l’assainissement sont donc nombreux :

  • Mortalité élevée
  • Maladies qui empêchent les enfants de suivre une scolarité normale
  • Maladies qui nuisent à la productivité des adultes
  • Perte de temps, donc détournement des capacités productives
  • Dépenses importantes, donc peu d’épargne et mauvaise satisfaction des autres besoins (logement, alimentation, scolarité)
  • ...

Quelles solutions ?

Il apparaît clairement que la solution passe par une intervention publique massive pour que se mette en place un système d’assainissement correct. Cela suppose d’importants investissements publics, qui peuvent être financés par une coopération internationale, via les organismes qui prêtent de l’argent, comme le FMI ou la Banque Mondiale. L’ONU préconise même que soient garantis 20 L d’eau par famille et par jour gratuitement.

Les investissements publics en matière d’assainissement génèrent d’importantes externalités positives : amélioration de la santé, baisse de la mortalité infantile, amélioration de l’accès à l’éducation et accumulation de capital humain, temps de production accru, ressources supplémentaires pour l’amélioration du logement, de l’alimentation... En fin de compte, l’existence d’un véritable système d’assainissement et d’eau potable est source de croissance de la production et de la productivité, et d’amélioration du bien-être de la population. Une des clés du développement, donc.